Une cloche, une note. Il existe plusieurs façons de faire sonner une cloche ou un ensemble de cloches d’un clocher d’église : la faire balancer pour que son battant suspendu à l’intérieur heurte le bord de la cloche à chaque va-et-vient ou bien la faire tinter en position fixe à l’aide d’un objet dur. Dans le second cas, le sonneur se met au niveau des cloches et les frappe en tirant leur battant vers le bord à la main ou par l’intermédiaire d’un lien relié à chaque main et au pied ou encore en les frappant à l’extérieur à l’aide d’un galet ou d’un marteau. Parfois, les liens peuvent être actionnés par des planchettes au pied. Il peut exister aussi un système de renvoi vers le bas du clocher (broek system) avec ou non l’existence d’un clavier rudimentaire.
Cette technique de tintement manuel, appelée coptée, peut aussi être combinée avec l’une des cloches mise en volée par un second sonneur ; on parle parfois de trézolage. Une variante consiste aussi à faire tourner l’une des cloches vers le haut en la bloquant quelques secondes avant de la laisser retomber et continuer sa rotation pour rejoindre la position haute ; on parle alors de sonnerie en « piqué ».
Cette pratique de sonnerie tintée remonte au haut Moyen Âge et est associée aux rites de passages (annonce des décès, sortie des mariés...) et aux moments de fêtes. Ce savoir sonner est acquis par l’apprenti sonneur en observant les gestes du maître sonneur et « à l’oreille » pour la partition.
On peut encore observer la présence de plateformes et d’abris du sonneur dans les territoires où prédominent les clochers-murs.
Jusqu’à l’électrification des clochers au cours du XXe siècle, la sonnerie manuelle des cloches cultuelles par tintement existait dans la plupart des régions de l’Europe occidentale ; elle subsiste encore dans plusieurs régions de France telles que la Corse, les Alpes-Maritimes, l’Occitanie, l’Aquitaine, la Lorraine, la Champagne... notamment comme élément participatif à la fête religieuse ou populaire.
Ce renouveau des sonneries manuelles tintées, inscrites depuis 2023 à L’inventaire français du Patrimoine Culturel Immatériel (IPCI) et au patrimoine mondial de l’Humanité, compense, d’une certaine façon, la diminution des sonneries purement religieuses et peut contribuer à la sauvegarde du clocher ; c’est aussi pour le sonneur une opportunité d’introduire dans le répertoire des airs contemporains. Le public apprécie alors cette personnalisation de la sonnerie, laquelle se distingue des sonneries automatisées et jugées « sans âme ». Une charte des sonneurs est aussi proposée aux apprentis sonneurs par la SFC.
Les églises paroissiales disposent souvent de trois cloches, parfois quatre ; en conséquence, la musique produite par ces tintements est plus fréquemment rythmique que mélodique. En jouant sur la fréquence de frappe, l’ordre des notes, les espaces de temps entre les séquences élémentaires ou la diversité de ces séquences, le sonneur peut offrir une musique variée ou qui lui est propre ; elle est parfois identitaire d’un lieu ou d’une circonstance.
Bien que la transmission du répertoire joué se transmette majoritairement « à l’oreille », certaines pratiques ont pu être formalisées par le sonneur ou par des musiciens.
La SFC dispose d’une partothèque adaptée pour des ensembles de trois cloches, de quatre cloches ou cinq cloches et plus.
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